Les projets en Allemagne
Re-Lynx Saxe
Ce projet démarré en 2022 par l’Etat libre de Saxe s’inscrit dans le cadre d’une stratégie à l’échelle de l’Allemagne qui consiste à créer un réseau de populations connectées entre elles.
Il est coordonné par la Société Senckenberg pour la recherche sur la nature (Senckenberg Society for Nature Research).
Au total ce sont 20 individus qui seront relâcher d’ici 2030.
Les premiers individus ont été libérés au printemps 2024 dans les monts Métallifères.
D’autres lâchers auront lieu dans les années à venir.
L’objectif est qu’à l’horizon 2030-2031, jusqu’à 20 lynx des Carpates aient trouvé un nouvel habitat dans les monts Métallifères. En réintroduisant des lynx dans les forêts de Saxe, l’État libre entend aider ces grands félins à recoloniser durablement leurs habitats d’origine en Allemagne. Les animaux relâchés en Saxe visent à favoriser la connexion entre les populations de lynx existantes et celles en formation.
Agissant comme une « population relais », ces lynx doivent relier les populations actuellement isolées du Harz et de la zone Bavière-Bohême-Autriche, facilitant ainsi les échanges génétiques. Ils peuvent également servir de pont, via les monts des Géants, vers la population source située dans les Carpates. Par ailleurs, des échanges sont possibles avec la population qui se développe dans la forêt de Thuringe, également établie dans le cadre d’un projet de réintroduction.
Pour en savoir plus : https://www.luchs.sachsen.de/projekt-relynx-3981.html
Lynx Baden-Wurtemberg
La population de lynx dans le Bade-Wurtemberg (région frontalière de l’Est de la France et du Nord de la Suisse) forme la métapopulation dite du Rhin supérieur avec les populations voisines de la région de l’Arc du Jura et de l’Alpine ainsi que de la forêt palatine et des Vosges. Afin d’établir une population de lynx reproducteurs dans le Bade-Wurtemberg, 6 à 10 individus (en particulier des femelles) doivent être relâchés en Forêt-Noire, au cours des quatre prochaines années.
Ces femelles seront issues d’élevage pour s’assurer de l’apport génétique qui doit garantir le brassage entre les individus
Les objectifs poursuivis sont :
- Amélioration du brassage génétique de la population
- Amélioration de l’acceptabilité des chasseurs et des propriétaires terriens vis à vis du Lynx
- Amélioration de la la connectivité entre la Forêt-Noire et les habitats voisins
Le projet est mené par l’Institut de recherche forestière de Bade-Wurtemberg (FVA) en étroite coopération avec l’Association de chasse de Bade-Wurtemberg, le WWF Allemagne et le zoo de Karlsruhe.
Projet en Thuringe
Grâce aux réintroductions opérées dans le pays, il existe actuellement trois populations de lynx en Allemagne mais qui sont géographiquement très éloignées les unes des autres : dans la forêt bavaroise, le massif du Harz et la forêt du Palatinat.
Malgré la proximité géographique du massif du Harz, les données de suivi indiquent qu’une colonisation naturelle de la forêt de Thuringe par le lynx ne peut être escomptée dans les 20 à 30 prochaines années.
Des mâles erratiques ont déjà atteint la forêt de Thuringe, mais en l’absence de femelles pour la reproduction, aucune population ne peut s’y constituer. Or, les jeunes femelles n’établissent généralement leur territoire qu’au contact direct de celui d’autres lynx ; la dispersion est donc très lente, et les vastes zones dépourvues de forêts constituent des obstacles majeurs.
Afin d’assurer la pérennité du lynx dans la forêt de Thuringe, le projet « Lynx de Thuringe » prévoit d’introduire activement jusqu’à 20 individus dans ce massif entre 2024 et 2027. Cette population interconnectée d’Allemagne centrale a vocation à s’intégrer dans une métapopulation européenne.
Durée du projet : 2023-2027
Budget du projet : 3 millions d’euros
Pour en savoir plus : https://luchs-thueringen.de/en
LIFE Lynx Pfälzerwald
Le projet LIFE Luchs Pfälzerwald qui s’est déroulé entre 2015 et 2021 a permis de rétablir avec succès une population de lynx (*Lynx lynx carpathicus*) dans la forêt du Palatinat, dans le sud-ouest de l’Allemagne. Cet objectif a été atteint grâce à un programme de réintroduction impliquant le lâcher de 20 lynx (12 provenant de Suisse et 8 de Slovaquie).
À l’issue du projet, une population reproductrice s’est établie dans la forêt du Palatinat et a déjà commencé à s’étendre vers les zones voisines. Une migration vers les Vosges centrales a été documentée, et des naissances ont été confirmées dans les Vosges du Nord en 2021. Cette nouvelle population est appelée à servir de « relais » (ou « pas japonais ») pour relier entre elles d’autres populations de lynx. Par ces actions de conservation de l’espèce, le projet met en œuvre la directive européenne « Habitats ».
Une étroite coopération a été instaurée entre les acteurs allemands et français (notamment les chasseurs, les bergers et autres éleveurs) grâce à des réunions de concertation transfrontalières, baptisées « parlements du lynx ». L’acceptation du lynx a progressé parmi les éleveurs, les chasseurs et le grand public dans les régions de la forêt du Palatinat, de l’Alsace et de la Lorraine, grâce à une forte implication des parties prenantes, à des services de conseil et d’assistance aux éleveurs, ainsi qu’à des campagnes d’information et de sensibilisation.
L’équipe du projet a assuré un suivi scientifique et évalué les actions de réintroduction via le repérage GPS et la télémétrie VHF, le piégeage photographique, les analyses génétiques et les recaptures. Elle a construit un enclos pour les lynx blessés et a obtenu des financements supplémentaires pour réaliser une seconde installation destinée aux jeunes lynx orphelins à Maßweiler, en collaboration avec l’association Tierart e.V.
Avec l’accord des parties prenantes, le projet a contribué à l’élaboration d’un plan de gestion du lynx pour la forêt du Palatinat. L’équipe du projet a finalisé et diffusé de nouvelles « lignes directrices sur la connectivité » visant à accroître la perméabilité des infrastructures de transport — tant à l’échelle de l’aménagement du territoire dans la forêt du Palatinat que sur une zone plus vaste, comme dans d’autres massifs de moyenne montagne en Rhénanie-Palatinat.
Pour en savoir plus : https://cinea.ec.europa.eu/featured-projects/life-luchs-pfalzerwald_en